Philosopher (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XIV e siècle. Emprunté du latin philosophari , « parler de philosophie, agir en philosophe ». Traiter de questions d'ordre philosophique, les prendre pour objet de sa réflexion, de son raisonnement. Apprendre à . L'art de . « Que , c'est apprendre à mourir », titre d'un des Essais de Montaigne . Pour Pascal, se moquer de la philosophie, c'est vraiment . Par affaibl. et souvent plaisant. Raisonner, discourir sur diverses matières. Ils aiment à ensemble . Péj. Discourir de manière oiseuse et pédante, se perdre en subtilités inutiles. Il n'est plus temps de , il faut agir .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Traiter des matières de philosophie. "La manière de des péripatéticiens, des stoïciens. Socrate n'aimait à que sur les moeurs."
Il signifie encore Raisonner, discourir sur diverses matières de morale ou de physique. "Ils s'amusent à ."
Il signifie aussi Raisonner trop subtilement, argumenter, disputer en pure perte. "Il ne faut pas tant , il faut agir. À force de , on s'éloigne de la vérité. Il perd son temps à ."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Traiter, raisonnner des choses qui regardent la philosophie.
S. ÉVREM.: « Bernier, après avoir philosophé cinquante ans, avoue qu'il doute des choses qu'il avait cru les plus vraies »
PASC.: « Se moquer de la philosophie, c'est vraiment »
NICOLE: « On avait philosophé trois mille ans durant sur divers principes, et il s'élève dans un coin de la terre un homme [Descartes] qui change toute la face de la philosophie.... »
SÉV.: « Si j'avais quelqu'un pour m'aider à , je pense que je deviendrais une de vos écolières [en cartésianisme] »
FONTEN.: « ....Des habillements, des armes, des instruments, curiosités qui, quoiqu'elles ne soient pas sorties immédiatement des mains de la nature, ne laissent pas de devenir philosophiques pour qui sait »
VOLT.: « Quand Descartes voulut , il quitta la France »
DIDER.: « On dit : vivre d'abord, ensuite ; c'est le peuple qui parle ainsi ; mais le sage dit : d'abord, et vivre ensuite si l'on peut »

 2   Raisonner, discuter sur diverses matières de morale ou de physique.
BOSSUET: « Le médecin vous donnant des jours et des heures qui ne sont pas en sa puissance, et toujours prêt à admirablement de la maladie après la mort »
ROLLIN: « Dans la prison même et lorsqu'il buvait la ciguë, il [Socrate] philosophait, dit Plutarque, et instruisait le genre humain »
REGNARD: « N'ayant plus de maîtresse et n'ayant pas un sou, Nous ons maintenant tout le soûl »
VOLT.: « Que sont devenus nos anciens projets de un jour ensemble dans cette grande ville si peu philosophe [Paris] ? »
D'ALEMB.: « J'espère cependant que cette santé et cette machine me permettront de jouir des bontés de Votre Majesté, et d'aller avec elle sur les grands maux et les petits biens de la vie »

 3   Argumenter, disputer trop subtilement.
MALH.: « Mais sans être savant et sans »
BOURDAL.: « Ce n'est point à vous de sur les abaissements et la croix de votre Sauveur »
J. J. ROUSS.: « Après avoir philosophé toute votre vie, n'apprendrez-vous jamais à raisonner ? »

 4   Raisonner sur, tirer des inductions.
LA FONT.: « Enfin il [le lièvre] se trahit lui-même Par les esprits sortant de son corps échauffé ; Miraut, sur leur odeur ayant philosophé, Conclut que c'est son lièvre »
SÉV.: « On philosophe pourquoi cette augmentation [surcroît de dignité accordé au chancelier d'Aligre] »

 5   S. m. Le , l'action de .
RÉGNIER: « Mais n'en déplaise aux vieux : ni leur Ni tant de beaux écrits qu'on lit en leurs écoles, Pour s'affranchir l'esprit ne sont que des paroles »
    Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
MONT.: « Un ancien, à qui on reprochoit qu'il faisoit profe-sion de la philosophie, de laquelle pourtant en son jugement il ne tenoit pas grand compte, respondit que cela c'estoit vrayement »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. philosophar ; espagn. filosofar ; ital. filosofare ; du lat. philosophari, de philosophus, philosophe.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    PHILOSOPHER. Ajoutez : - REM. Au XVIIe siècle, s'employait au sens de raisonner sur, tirer des inductions, comme on le voit par les exemples de La Fontaine et de Mme de Sévigné, rapportés dans le n° 4. C'est ainsi que Richelieu l'emploie dans cette phrase : M. de Chazé a fort bien interrogé M. de Thou [dans le procès de Cinq-Mars], et assurément il n'est pas incapable ; mais, pour la conduite générale de l'affaire, il nous faut, à mon avis, M. de Lauzon, étant besoin qu'un commissaire qui aura cette charge soit capable de et songer perpétuellement aux moyens qu'il devra tenir pour venir à ses fins, Lettres, etc. 1642, t. VII, p. 17.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Traiter des matières de philosophie. "La manière de des péripatéticiens, des stoïciens. Socrate n'aimait à que sur les moeurs."
Il signifie encore, Raisonner, discourir sur diverses matières de morale ou de physique. "Ils s'amusent à ."
Il signifie quelquefois, Raisonner trop subtilement, argumenter, disputer en pure perte. "Il ne faut pas tant , il faut agir. Voilà bien . À force de , on s'éloigne de la vérité. Il perd son temps à ."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Traiter des matières de Philosophie. "La manière de des Péripatéticiens, des Stoïciens. Socrate n'aimoit à que sur les moeurs". Il signifie aussi, Raisonner conformément aux principes de la Philosophie. "Il est dangereux de vouloir trop en matière de Religion".
Il signifie aussi, Raisonner sur diverses choses de Morale ou de Physique. "Ils s'amusent à ".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Philosopher, se prend aussi simplement pour, Raisonner trop subtilement sur quelque chose. "Il ne faut pas tant , il faut agir. Voilà bien philosopher".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Traiter des matières de Philosophie. "La manière de des Péripatéticiens est différente de celle des Stoïciens. Socrate n'aimoit à que sur les moeurs." Il signifie aussi, Raisonner conformément aux principes de la Philosophie. "Il est dangereux de vouloir trop en matière de Religion."
Il signifie aussi, Raisonner sur diverses choses de Morale ou de Physique. "Ils s'amusent à ."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se prend aussi simplement pour Raisonner trop subtilement sur quelque chose. "Il ne faut pas tant , il faut agir. Voilà bien ."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Raisonner conformément aux principes de la Philosophie. "Il est dangereux de vouloir en matiere de Religion".
Il signifie aussi, Moraliser sur diverses choses. "Ils s'amusent là à ".




Emplacement dans le dictionnaire :

philonisme
philosophailler
philosophaillerie
philosophal
philosophale
philosophaliste
philosophâtre
philosophe
philosophème

philosophesque
philosophie
philosophique
philosophiquement
philosophisme
philosophiste
philosopho-théologique
philotechnique
philtre
phimosis
phlébite




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...semblait à jamais scellée, et le troisième jour, elle est ressuscitée ! CHAPITRE V ce n'est pas sans quelque dessein que j'appelle du nom de science ce que d'ordinaire on appelle philosophie. philosopher est le mot sous lequel j'aimerais le mieux à résumer ma vie ; pourtant ce mot n'exprimant dans l'usage vulgaire qu'une forme encore partielle de la vie intérieure, et n'impliquant d'ailleurs que le...


Citation n°2 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...la science. Sans doute, si l'école était dans les temps modernes ce qu'elle était dans l'antiquité, une réunion d'hommes poussés par le seul désir de connaître et réunis par une méthode commune de philosopher, on permettrait à la science de s'y renfermer. Mais l'école ayant en général chez nous un but pédagogique ou pratique, réduire la science à ces étroites proportions, supposer par exemple que la...


Citation n°3 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...qui excite la curiosité de l'esprit humain, n'aiguise-t-il pas tout d'abord cet appétit de savoir, qui est le trait distinctif de notre nature raisonnable, et qui fait de nous des êtres capables de philosopher ? Prenez les mythologies, qui nous donnent la vraie mesure des besoins spirituels de l'homme ; elles s'ouvrent toutes par une cosmogonie ; les mythes cosmologiques y occupent une place au moins...


Citation n°4 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...un exemple la manière dont on pourrait faire servir les sciences particulières à la solution d'une question philosophique. Je choisis le problème qui, depuis les premières années où j'ai commencé à philosopher, a le plus préoccupé ma pensée, le problème des origines de l'humanité. Il est indubitable que l'humanité a commencé d'exister. Il est indubitable aussi que l'apparition de l'humanité sur la terre...


Citation n°5 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...attention, serait un vol fait à sa pensée. Le travail des manufactures serait même à cet égard bien moins avantageux. Croyez-vous qu'un homme, dans cette position, ne serait pas plus libre pour philosopher qu'un avocat, un médecin, un banquier, un fonctionnaire ? Toute position officielle est un moule plus ou moins étroit ; pour y entrer, il faut briser et plier de force toute originalité....


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